« À regarder la plupart des villes en Amérique du nord, on pourrait conclure que
le premier principe de nos sociétés est que les voitures doivent être heureuses ! »
Article - Rage au volant
Rage au volant : Quand conduire rend fou
Par Claire Morissette

On a tous déjà vu de ces psychopathes au volant, rugissant et fonçant au mépris de la sécurité d'autrui, et on a tous alors pensé: ces fous-là ne devraient pas avoir le droit de conduire. Eh bien, le phénomène commence à être enfin reconnu, du moins aux États-Unis, d'autant plus qu'il y est en croissance. Dans plusieurs états, des lois apparaissent pour tenter de fixer des normes de civilité sur les routes.

Le phénomène de la rage au volant («Road Rage») fait de plus en plus parler de lui chez nos voisins du sud, tellement qu'un sous-comité du Congrès américain (Subcommittee on Surface Transportation) se penchait en juillet 1997 sur la question. Un intérêt nouveau a en effet été soulevé lors d'un jugement rendu contre un automobiliste impliqué dans un duel de vitesse sur une autoroute de Virginie en 1996, duel s'étant soldé par la mort d'un des duellistes et de deux automobilistes innocents.

Le survivant écopa de dix ans de prison pour homicide («manslaughter»), une première aux États-Unis. Comme pour les questions de violence conjugale et de pédophilie, une conscience émergente entraîne là-bas un débat de société d'envergure nationale.

Rage extrême, rage ordinaire
La version extrême de la rage au volant se définit comme une attaque intentionnelle d'un automobiliste ou d'un passager impatient ou colérique, visant à blesser ou tuer un autre automobiliste, passager ou piéton, au cours ou suite à un incident routier. C'est cette rage-là qui fait les manchettes des médias.

Mais on s'intéresse également de plus en plus à une rage au volant plus ordinaire, celle d'automobilistes intempestifs qui, pour des gains dérisoires de quelques secondes, conduisent de façon illégale et dangereuse, utilisant leur bolide pour intimider, et faisant fi de la sécurité des autres usagers de la route. Comme si le débat sur les cas extrêmes permettait l'expression d'un ras-le-bol général envers les chauffards.

Une célèbre étude(1) de l'Automobile Association of America (AAA) a scruté 10 037 rapports d'accidents avec agression «extrême», accidents ayant généré 218 morts et 12 610 blessés sur six ans. On y apprend que les événements violents sur les routes américaines auraient augmenté d'environ 7% en moyenne par année depuis 1990 (51% en 6 ans), se chiffrant à 1 708 occurrences pour l'année 1995. Et encore, consigner des circonstances violentes n'est pas routine dans les procès-verbaux des policiers, et on présume que beaucoup d'altercations violentes restent non-déclarées.

Ricardo Martinez, directeur de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), donne probablement un meilleur aperçu de l'impact de la rage «ordinaire» sur les routes. Il souligne qu'après des années de déclin, les accidents mortels ont recommencé à augmenter depuis quatre ans. Il estime que sur les 41 907 accidents mortels recensés en 1996 sur les routes américaines, un tiers des collisions et deux tiers des morts seraient liés à des circonstances de conduite agressive(2). Un gâchis pour le moins énorme!

Plusieurs chercheurs croient que la conduite agressive est également une tendance à la hausse. Un autre sondage(1) de l'AAA révèle que 90% des automobilistes ont fait l'expérience de conduite agressive à des degrés divers au cours des 12 mois précédant ledit sondage. Dans certaines régions, le phénomène supplanterait en gravité celui de l'alcool au volant. Et la perception générale dans le public est que la tendance s'accentue.

Plus près de nous, un récent sondage Gallup révèle que «deux tiers des Canadiens cèdent facilement à la colère sur la route et admettent volontiers jouer du klaxon pour se défouler». 49 % des conducteurs avouent mettre leurs phares en code («hautes») dans le but d'aveugler un autre conducteur, 26 % utilisent des gestes obscènes, 18 % collent au pare-chocs de l'automobiliste qui les précède, 11 % coupent brusquement les autres automobilistes, alors que 5 % sont déjà sortis de leur véhicule ou ont pris en chasse un autre automobiliste pour chercher la bagarre(3).

De la chicane au meurtre
Le facteur déclencheur d'un incident violent est souvent désespérément banal: une dispute au sujet d'un espace de stationnement, un conducteur conduisant trop lentement, ou même la simple erreur humaine. Ces circonstances innocentes peuvent, lorsqu'elles surviennent avec la mauvaise personne au mauvais moment, entraîner des représailles pouvant aller jusqu'au meurtre.

On trouve aussi des provocateurs chroniques: les conducteurs coupant ou talonnant les autres, ou les empêchant de passer, ceux changeant fréquemment de travée sans signaler, abusant du klaxon, faisant des gestes offensants. Ceux-là sont toujours prêts pour une escalade, il s'agit qu'ils rencontrent aussi téméraires qu'eux.

La violence vise généralement des inconnus croisés par hasard sur la route, mais certaines attaques au volant étaient intentionnellement dirigées contre un conjoint, des agents de police ou des individus de race différente, contre la foule, ou contre un édifice ou autre propriété. Selon l'AAA(1), lors de l'altercation, les «enragés» extrêmes ont utilisé une arme à feu, un couteau, un bâton de baseball ou de golf ou un levier, ou le véhicule lui-même --une arme redoutable !-- ou une combinaison des deux.

On observe aussi une variété de projectiles: bouteilles de bière et hamburgers ou burritos partiellement consommés !
Au Canada, la limitation des armes à feu réduit radicalement les cas extrêmes, mais nous avons certainement un lot considérable d'enragés ordinaires. Or, les histoires d'horreur les plus spectaculaires et médiatisées ne sont pas les plus dévastatrices: l'ordinaire conduite intempestive produit le plus grand nombre de morts et de blessés.

Portrait d'un enragé
Ces accès de rage ne sont pas des actes isolés, mais plutôt un profil comportemental lié à l'attitude de l'un des protagonistes. La frustration, la colère ou encore la testostérone débridée sont les ingrédients menant à ces navrants résultats. Les victimes, elles, peuvent être n'importe qui.

La majorité des instigateurs d'événements violents se recrutent chez les hommes de 16 à 26 ans, quoique leur nombre soit également considérable chez les 26-50 ans, et qu'il s'en retrouve encore chez les 50-75 ans. La part des femmes se situerait à 4 % des cas. On les trouve souvent peu éduqués, déjà enclins à la violence, à l'abus d'alcool et de drogues, et au crime, et sous le coup d'un récent événement personnel ou professionnel frustrant ou stressant(1).

Toutefois, des centaines d'agresseurs plus ordinaires ne présentent aucunement ces caractéristiques. Nombre de personnes, par ailleurs bien aimables dans la vie de tous les jours, se transforment en malotrus vociférants et vitupérants lorsqu'ils se retrouvent derrière un volant: des Dr Jekill et M. Hyde des temps modernes.

Rage dedans
Arnold Nerenberg, un thérapeute clinique de Californie, tente de faire reconnaître officiellement la rage au volant comme un nouveau désordre mental(4). Le fait de menacer au moyen d'armes à feu ou contondantes, ou d'utiliser un véhicule pour menacer ou blesser autrui peut certainement être considéré comme pathologique. Le professeur Leon James, spécialiste en psychologie de la circulation à l'Université d'Hawaii (connu sur le Net sous le nom de Dr. Driving)(4), souligne que, comme pour bien d'autres désordres mentaux, reconnaître l'existence du syndrome est le plus difficile.

Il faut réussir à s'observer comme un témoin ou accepter les témoignages d'autrui et faire le constat nécessaire pour pouvoir ensuite harnacher ses chevaux émotifs, corriger ses comportements et... vivre plus relax!

En effet, vivre sur le «mode mécontent» est reconnu comme néfaste pour la santé et, selon le Dr. Redford Williams, du département de la médecine comportementale de l'Université Duke et auteur de «Anger Kills» (Harper Perennial, 1994), les conducteurs colériques sont de quatre à sept fois plus sujets à mourir de problèmes de santé après 50 ans que les gens qui maîtrisent leur émotivité(5).

On observe aussi que l'apprentissage de cette attitude commence chez l'enfant qui, pendant de nombreuses années, observe comme passager un tel comportement chez les parents conducteurs. Ce modèle serait ensuite renforcé par les bandes dessinées, films et publicités où les conducteurs intempestifs font figure de héros(6). On peut même trouver sur le Net un logiciel de jeu, «Carmageddon», qui consiste à écraser autant d'autres automobilistes, de cyclistes et de piétons que possible.

Des études(1) de nature psychologique tentent de cerner le phénomène sous l'angle de l'instinct territorial, dans la mesure où l'automobile apparaît comme une extension de l'espace privé, où toute intrusion est interprétée comme potentiellement hostile. Le manque de contact avec les autres acteurs, l'impossibilité de dialoguer, pour s'excuser par exemple, le sentiment d'impuissance lié à l'immobilité des conducteurs, la lourdeur de la responsabilité de manoeuvrer un engin potentiellement mortel, l'incapacité de performer quand on est doté d'un moteur puissant, le désir d'épater la galerie en poussant les risques à leur limite sont autant d'ingrédients inhérents à la conduite pouvant produire un cocktail émotif explosif.

D'autres chercheurs se penchent sur l'impact de récents acquis technologiques(7), par exemple, des freins anti-blocage ou des coussins gonflables, qui entraîneraient une «homéostasie du risque»: se sentant invulnérables, les conducteurs prendraient plus de risques et conduiraient plus agressivement. D'autres facteurs environnementaux contribueraient à générer des réactions irrationnelles: l'intolérance engendrée par la chaleur (un effet pernicieux de l'effet de serre ?), le bruit ambiant, l'agoraphobie dans les embouteillages(1).

D'autres études encore remarquent que, si les sociétés rejettent généralement les personnes ne respectant pas les lois, il en va tout autrement en ce qui concerne les lois de la circulation, où les contrevenants sont encore largement tolérés et même excusés. Une culture de non-respect des lois et des autres conducteurs s'installe sur les routes, et la rage au volant s'y insère comme une habitude(1). Enfin, pratiquement aucun cas de suicide au volant n'est officiellement consigné, alors qu'on estime qu'environ 5% des collisions mortelles pourraient en être(7).

L'enrageante congestionSelon la Federal Highway Administration américaine(8), la congestion croissante sur les routes jouerait ici un rôle déterminant. Alors qu'en 1983, 55% des autoroutes urbaines étaient considérées comme congestionnées, elle le seraient dans 70% des cas en 1997. Le nombre de kilomètres parcourus a crû beaucoup plus vite que la longueur totale des infrastructures routières disponibles, et le nombre de véhicules augmente plus vite que celui de la population.

Résultat: des routes plus encombrées, des embouteillages plus fréquents. Souvent, agresseur et agressé étaient dans l'impossibilité même de s'éloigner l'un de l'autre à cause de l'encombrement. Et les agendas et horaires de travail toujours plus chargés viennent augmenter la pression sur les conducteurs. Sur la base de ce constat, certains trouvent approprié de réclamer plus de routes et des voies additionnelles afin d'amenuiser la frustration des automobilistes.


Législation, coercition, éducation
Sous la pression de l'opinion publique, certains gouvernements(4) ont commencé à bouger dans le dossier de la rage au volant. Le gouvernement fédéral américain tenait d'importantes audiences publiques en juillet 1997, et 22 états développent présentement des programmes visant spécifiquement la rage au volant, sur le modèle des campagnes contre l'alcool au volant.

Des dépliants et conseils sont distribués, des messages radio et télé sont diffusés par les instances gouvernementales responsables et par des groupes d'intérêt public. Depuis 1997, 23 projets de loi ont été déposés dans neuf états, et au moins trois états en ont adopté: la Virginie a rendu obligatoire un chapitre sur la conduite agressive dans les cours de conduite offerts dans les écoles publiques, et l'Illinois et l'Arizona ont officiellement reconnu la conduite agressive comme une infraction à la Loi.

Au Massachusetts, en Arizona, au Connecticut, au Maryland, on oblige les contrevenants à visionner un vidéo de huit heures expliquant les dangers de la rage au volant. Résultat: une réduction de 77% des récidives, après visionnement du vidéo.

Plusieurs états sont sur le point d'emboîter le pas avec des lois semblables. Les pénalités avancées comprennent des amendes de 250$ à 5000$, des suspensions ou révocations de permis, des séjours en prison de 30 jours à un an, et des points d'inaptitude, le tout ajusté en fonction de la réitération de l'infraction

La rage au volant étant un problème plutôt comportemental, plusieurs états américains ont entrepris de repérer et appréhender les individus fautifs, puisque ce sont les mêmes même qui sont susceptibles d'initier ou de renchérir au cours d'une escalade agressive. Une présence policière plus stratégique sur les routes, plus d'équipements de détection, des pénalités plus lourdes, des numéros de téléphone spéciaux servant à faire rapport au sujet des conducteurs agressifs, lancent un message à l'effet qu'une telle conduite ne saurait être tolérée sur les routes.

En Ontario(9), depuis 1995, une escouade spéciale de 15 agents est chargée d'épingler les conducteurs dangereux. Il est difficile de mesurer l'impact de ces mesures encore récentes, mais il est clair qu'elles ont la faveur du public.

Plusieurs groupes de citoyens sont nés de cette préoccupation, dont les plus connus sont le Citizens Against Speeding and Aggressive Driving (CASAD), et le Youth Against Road Rage (YARR)(6). Outre l'approche informative et éducative et le soutien aux victimes d'incidents violents, ces groupes promouvoient une planification du transport plus soucieuse de sécurité, des mesures d'apaisement de la circulation au moyen d'infrastructures faisant obstacle et obligeant à ralentir («Traffic Calming»), et des ressources locales additionnelles pour la coercition contre les conducteurs dangereux.

Au Québec, tant la Société de l'assurance-automobile du Québec que la police de la Communauté urbaine de Montréal trouvent le problème de la rage au volant non-significatif(9). S'il n'y a pas d'étude pointue sur le sujet, on se fonde sur un bilan routier en amélioration soutenue (les campagnes contre l'alcool au volant portent fruit) pour diagnostiquer le mal comme bénin.

On argue que, bien sûr, des manques de civisme sont observables, et on peut croire qu'ils soient à la hausse, mais on se demande si l'avènement du téléphone cellulaire n'a pas tout simplement facilité le signalement des incidents de rage au volant.

On hésite aussi à s'attaquer isolément à un problème qui est peut-être le reflet d'une violence sociale globale croissante. Par ailleurs, la congestion au Québec est circonscrite presque uniquement à la région métropolitaine et n'atteint pas les proportions monstrueuses américaines.

Côté coercition, à Montréal, les infractions à la circulation, bien que causant plus de morts et de blessés que le crime, sont au bas des priorités de la police de la CUM. À preuve, le nombre de contraventions émises a chuté de presque 50 % en six ans: pour les feux rouges ignorés, 26 000 contraventions en 1990 et un maigre 12 000 en 1996; pour les panneaux d'arrêt ignorés, environ 30 000 contraventions en 1990, et seulement 20 000 en 1996(10).

Vaccins contre la rage
Les organismes concernés y vont chacun de leurs conseils: aux agresseurs potentiels, on donne des trucs pour se calmer les nerfs; aux victimes, on recommande de fuir absolument toute confrontation.

On suggère de bien prévoir le temps nécessaire au trajet, et de garder en tête que la route ne vous appartient pas. On va même jusqu'à rappeler que les glaces d'automobiles ne sont pas anti-balles, qu'il faudra tôt ou tard sortir du véhicule et qu'un autre automobiliste profondément enragé pourrait vous suivre jusqu'à la maison. On trouve même sur Internet une trousse de 175 $ comprenant brochures, vidéos, auto-collants, traitant de la prévention de la rage au volant.

Ironiquement, rarement voit-on un conseil suggérant aux automobilistes de prendre le transport en commun, la meilleure façon pourtant de réduire notre dépendance, comme société, envers les transports motorisés, qui sont voués à être de plus en plus frustrants.

Des transports moins enrageants
Ainsi, tant que durera l'actuel laisser-faire, nos psychopathes québécois continueront de vrombir impunément, leur permis de conduire en poche. Pourtant, l'aspect comportemental de la rage au volant fait de l'élimination de leur présence indésirable sur les routes un jeu d'enfant. Il suffit, comme pour l'inceste ou l'alcool au volant, de décider collectivement de mettre fin à une tolérance indue.

La congestion sur les routes est un mal nécessaire. Conduire doit et va devenir une activité de plus en plus frustrante; c'est probablement la façon la plus sûre de transmettre aux automobilistes le message qu'il est temps qu'ils abandonnent leur sacro-saint volant et choisissent de se la couler douce en laissant à leur chauffeur, d'autobus ou de train, les tracas de la conduite. Nous savons tous que les politiques de transport misant sur l'automobile privée ne peuvent que dégénérer, tôt ou tard, en un chaos grotesque, c'est même ce qui semble se passer sous nos yeux. Il faudrait finir par reconnaître que c'est peut-être aujourd'hui le temps de prendre le virage des transports appropriés.

Action
1. Si vous êtes témoin d'un incident de conduite agressive dangereuse, notez le numéro d'immatriculation et la description du véhicule et de son conducteur, la date et l'heure, le lieu et les circonstances, et communiquez ces informations au service de police local.
2. Demandez que la rage au volant soit étudiée, et que le Code de la Sécurité routière reconnaisse et punisse sévèrement la conduite agressive.

La Société de l'assurance-automobile du Québec
333 boul. Jean-Lesage, Tour Nord, 6e étage, section 2,
C.P. 19600, local N4-4, Québec, Qc, G1K 8J6
Tél.:(418)528-3100, Téléc.:(418)644-0339
3.

Demandez que des budgets supplémentaires soient alloués pour que les policiers puissent poursuivre les conducteurs agressifs.
M. le Ministre
Ministère de la Sécurité Publique
3, Complexe Desjardins, Tour Nord, 26e étage
Montréal (Québec) H5B 1E9
Tél.: (514) 873-2112


Paru dans le journal Le Monde à Bicyclette, Vol XXIII no 3, Automne 1998.

Sources
(1) «Aggressive Driving: Three Studies», AAA Foundation for Traffic Safety, USA, 1997
(2) Statement of the Hon. Ricardo Martinez, MD, Administrator, National Highway Traffic Safety Administration, before the Subcommittee on Surface Transportation, USA, July 17, 1997
(3) «Accès de rage des Canadiens au volant», La Presse, Montréal, 18 juin 1998
(4) «Agressive Driving», Jan Goehring, National Conference of State Legislatures, USA, 8 juillet 1998
(5) «Road Rage», USA Week-End, Behavior, USA, Sept 5-7, 1997
(6) «Lifelong Driver's Education: A New Socio-Behavioral Proposal», Youth Against Road Rage, USA, June 1998
(7) «Driver Agression:The role of personnality, social characteristics, risk and motivation», Federal Office of Road Safety, Contact Report 81 (Performing organisation Human Factors Group, Monash University Accident Research Center), 1997
(8) «Road Rage: Causes and Dangers of Agressive Driving», The Subcommittee on Surface Transportation Hearing, Press Release, USA 17 juillet 1997
(9) «La colère au volant, connais pas...», Marc-André Côté, La Presse, Montréal, 20 juillet 1998
(10) «City drivers have to get a grip», Michelle Lalonde, The Gazette, Montréal, 6 juin 1998





















































































































































Dernière mise à jour 25.05.2009