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Présentation sur le casque obligatoire
Par René Coignaud
La promotion du vélo comme moyen de favoriser la sécurité routière plutôt que le port obligatoire du casque.Mémoire présenté par René Coignaud à la Commission du Transport et de l'Environnement dans le cadre de l'examen du livre vert sur la sécurité routière.Janvier 2000.

Mon intérêt dans le débat
Je suis un jeune âgé de 19 ans très sensible aux enjeux environnementaux et un grand amateur de vélo. L'idée d'imposer le casque aux cyclistes m'apparaît témoigner d'un manque de compréhension des besoins des cyclistes et c'est pour mieux vous faire part de nos besoins que j'ai jugé nécessaire de m'exprimer.

L'apprentissage du vélo
Je fais du vélo depuis très longtemps mais ce n'est que depuis environ cinq années que je m'en sers pour la plupart de mes déplacements quotidiens. J'ai longtemps considéré le vélo comme un divertissement pouvant être potentiellement dangereux lorsqu'utilisé en dehors des pistes cyclables. C'est donc graduellement que j'ai appris à emprunter des rues plus passantes et à faire des parcours plus longs. Depuis deux ans, je vais au CÉGEP à vélo chaque jour (quand il ne fait pas trop froid et qu'il n'y a pas de neige), ce qui représente environ une heure et demie de vélo chaque jour.

Je ne pense pas que le port du casque obligatoire soit la solution aux problèmes de sécurité routière reliés au cyclisme. Il m'apparaît clair qu'en remplaçant des voyages effectués en automobile par des voyages à vélo, on réduit les risques d'accident puisque ce sont rarement les vélos qui causent les blessures mais plutôt les automobiles. Dans un même ordre d'idées, en favorisant la pratique du vélo par les enfants, on augmente les chances que ces derniers prennent l'habitude du vélo et s'en servent comme moyen de transport plus tard et cela pourrait réduire le nombre d'automobiles et le nombre d'accidents.

Le port obligatoire du casque décourage la pratique du vélo
J'ai déjà porté un casque à vélo, il y a de cela quelques années. J'ai cessé de le porter pour plusieurs raisons. La première est que ce n'était pas nécessairement très confortable. La seconde est que c'est encombrant. En effet, j'utilise un vieux vélo spécialement parce que je ne veux pas être encombré avec des pièces détachables. La troisième est que l'ajustement était difficile et inefficace bien qu'il s'agissait d'un casque d'une marque réputée. Aussi, je me souviens que lorsque j'étais pressé, je ne pensais pas à prendre mon casque. Or, c'est à ce moment que les risques d'être moins vigilant deviennent plus grands.

Il est à craindre que les gens qui utilisent leur vélo pour faire des courtes distances, comme pour aller reporter un film au club vidéo ou aller au dépanneur, par exemple, seront moins tentés de prendre le vélo s'ils courent le risque d'avoir une contravention. Le trajet aura par conséquent plus de chances d'être effectué en automobile, dans des rues résidentielles pleines d'enfants et de cyclistes. Je crains que les gens qui pratiquent le vélo de temps à autre ne jugent pas valable l'achat d'un casque à vélo et n'en fassent plus.

Une efficacité limitée
On oublie souvent que le casque à vélo a ses limites. Il est très fréquent de voir des casques très mal ajustés, surtout chez les enfants, ce qui les rend tout à fait inutiles. Dans des cas trop fréquents, des cyclistes se sentent invincibles en raison de leur casque et relâchent leur vigilance. Enfin, plusieurs, notamment les plus démunis, risquent de se procurer les casque les moins onéreux... et les moins efficaces. Il existe effectivement des normes pour les casques mais je m'imagine mal qu'un agent de la paix puisse être assez zélé pour faire des contrôles.

Au sujet des enfants, ils sont plus sujets à oublier ou perdre leur casque à vélo et il y a fort à parier que plusieurs parents hésiteront à racheter des casques. Face à un enfant sans casque, les policiers décideront soit de donner des contraventions, ce qui reviendrait à le considérer comme un danger public. Les plus sensés n'appliqueront pas le règlement, le rendant inutile. J'ai un peu de peine en m'imaginant qu'un enfant ou quelqu'un de démuni puisse écoper d'amendes sous prétexte qu'il représente une menace alors qu'on tolère (et parfois même favorise) la circulation excessive des automobiles

Recommandations
Qu'on n'impose pas le port du casque à vélo à qui que ce soit.

  • Que l'on favorise la pratique du vélo en tant que moyen de réduire les accidents de la route.

  • Que l'on poursuive les efforts de sensibilisation auprès des cyclistes concernant la sécurité routière.